Philippe Uter

23 avril 2021par Agathe L0

Quand un styliste alsacien fait la mode à Los Angeles.

Philippe Uter est un styliste de mode réputé pour son esthétique chic, sa couture impeccable et son souci du détail. Après avoir fait ses armes à Paris, capitale mondiale de la mode, il s’est installé aux États-Unis. Entre deux escales, le jeune créateur a bien voulu répondre à nos questions.

Philippe, si tu devais te présenter en quelques mots ?

Français, 35 ans, vivant à Los Angeles depuis 5 ans.

Philippe Uter

Peux-tu nous décrire ton activité et tes débuts ?

J’ai créé mon entreprise en janvier 2009, donc à mon compte depuis plus de 10 ans. Je suis styliste. Cela signifie que je travaille dans la mode pour de grands magazines, mais j’habille aussi beaucoup de célébrités pour des manifestations officielles, comme la cérémonie des Oscars.

Comment définis-tu ton métier ? La journée type d’un styliste ?

Philippe Uter

Je n’ai pas vraiment de journée type. La plupart du temps, cela consiste à envoyer des emails aux marques pour emprunter des vêtements en vue d’un projet particulier. Puis, je rencontre ces marques et choisis ce que je désire dans les collections et accessoires de la saison. Ensuite, j’organise tout cela tranquillement chez moi : les chaussures avec les chaussures, les robes avec les robes, les costumes avec les costumes…

Le lendemain, mon ou ma cliente me rend visite dans mon studio pour essayer la tenue adaptée à son évènement. Nous retouchons le look et je retourne tout ce que je n’ai pas utilisé. Quelques jours plus tard, le look est finalisé avec les accessoires correspondants. C’est moi que me rend alors chez mon ou ma cliente afin de le ou la préparer au mieux pour le jour J. Photo, tapis rouge et voilà le travail !

La création ne t’a jamais tenté ?

Si, au départ. Mais lorsque je me suis retrouvé devant une feuille blanche dans mon école à Paris |Ndlr : Philippe est diplômé de l’école Yves SaintLaurent], je me suis rendu compte que ce n’était pas pour moi et que j’aimais la mode pour l’image qu’elle renvoyait et non le vêtement en lui même. Je suis plus dans la construction d’images et d’univers désormais.

Toutes ces belles tenues qui constellent les tapis rouges, les célébrités doivent-elles les acheter ? Comment cela se passe-t-il ?

Non, comme je l’expliquais auparavant ce sont les prêts des marques. Les toilettes sont restituées en général après.

Qu’est-ce qui explique selon toi ta réussite ?

J’ai écouté mon cœur et surtout ma passion. Et je n’ai jamais cessé de travailler.

Aimes-tu toujours autant ce que tu fais ?

Ce n’est pas facile tous les jours, mais lorsque j’ai un projet qui me passionne, je retrouve instantanément l’excitation de ma passion. C’est mon aiguillon en quelque sorte.

Que pourrais-tu conseiller à ceux qui auraient envie de suivre ton parcours ?

Il faut être extrêmement passionné et curieux. Aimer se faire beau ou belle ne veut pas dire qu’on connait quelque chose à la mode. C’est un monde très difficile, parfois cruel et mal intentionné. Il faut donc avoir du cran pour réellement percer.

Pourquoi es-tu parti à Los Angeles ?

Le manque d’opportunité d’avenir en France. Nous savons tous les problèmes que la France inflige à chaque personne qui a des rêves, peu d’argent et de contacts.

Quelle sensation d’évoluer avec des célébrités ?

Au début, on est impressionné et puis, au final, on se rend compte que ces gens sont comme nous, parfois torturés et parfois très sympathiques. Je ne perds jamais de vue le fait que même si on rigole et que l’on passe un moment extraordinaire ensemble, je suis là pour travailler et que ce ne sont pas mes amis. J’ai réussi à construire à L.A. un groupe d’amis, qui vaut à lui seul toutes les célébrités.Philippe Uter

Et comment ça se passe pour toi à L.A. ?

Je suis venu avec un visa 01 puis, à force de travailler et de me développer, j’ai pu demander une Greendcard pour rester sur le sol américain. Ce n’est pas facile ici. J’ai un agent qui me ramène aussi du travail et qui s’occupe de facturer mes clients, dealer mes tarifs ou encore booker mes billets d’avion.

Comment est la vie là-bas ?

La vie y est géniale. La qualité de vie est extra aussi, mais elle est très fausse. C’est la raison pour laquelle, auparavant, je parlais d’un groupe d’amis qui vaut tout le reste. C’est seulement depuis que j’ai trouvé ma nouvelle famille ici que je me sens vraiment chez moi.

L’Alsace te manque-t-elle ? Envie d’y revenir ?

Oui, je suis énormément attaché à la région Grand-Est. La nourriture, les alcools, les paysages… Tout me manque très régulièrement. Mais sans pour autant déménager. Chaque fois que je rentre, j’essaie de faire un week-end quelque part en Alsace avec mes parents. Profiter un maximum des endroits pittoresques, tel Riquewihr qui est mon village alsacien préféré.

Comment manges-tu ta bretzel ?

Ah, tiens… je pensais que bretzel était masculin ! Je LA mange dans la rue en faisant les magasins. Avec beaucoup de gros sel dessus.

Agathe L

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